Les recherches du LSE (UMR 1120 UL-INRA) se placent dans un contexte d’anthropisation croissante des sols, conséquence de l’expansion des infrastructures urbaines, industrielles et de transport, ainsi que de l’intensification de l’agriculture. Le fonctionnement, l’extension spatiale et la typologie des sols fortement marqués ou créés par l’activité humaine sont très mal connus. Les recherches du LSE se déclinent en deux thèmes : Pédogenèse des sols fortement anthropisés et  Phytoremédiation des sols contaminés.
L’objectif est de développer et d’optimiser des cultures de phytoremédiation. Celles-ci visent à extraire les polluants (phytoextraction) ou à favoriser leur dégradation (phytodégradation), grâce à des végétaux spécifiques. Il s’agit donc de mettre au point des outils d’évaluation de la biodisponibilité des polluants, de prévision de leur transfert vers les plantes ainsi que des modèles pour la conception et le pilotage des cultures sur les sols contaminés par des éléments en traces ou des molécules organiques.

Pour consulter le site du LSE, cliquez ici.

Equipe Pédogenèse et fonctionnement des sols très anthropisés
Témoignage : Geoffroy SERE
Projet : Vieillissement des toitures végétalisées et performances hydriques. La Toiture Végétalisée Extensive est une innovation architecturale qui connaît un développement majeur en France. Leur succès repose sur différents arguments : allongement de la durée de vie de la toiture, filtration de l’air, participation à la biodiversité et isolation thermique du bâtiment. Cependant, la principale fonction recherchée aujourd’hui par les aménageurs urbains est la rétention en eau. En effet, pour répondre aux enjeux de gestion des eaux pluviales, il est attendu que les toitures végétalisées augmentent la part d’eau retournant directement à l’atmosphère - eau stockée dans la toiture puis évapotranspirée -, mais également jouent un rôle de tampon et permettent de décaler les pics d’eaux météoriques arrivant dans les réseaux de collecte lors d’épisodes orageux.
Des travaux menés en collaboration avec le CEREMA (Dter Est) et le LEMTA (UMR 7563 Université de Lorraine - CNRS) se sont attachés à caractériser l’effet du vieillissement des constituants des toitures sur leurs performances hydriques. Pour cela, une toiture expérimentale a été mise en place à Tomblaine (Dter Est) et a été équipée de capteurs de température et de teneurs en eau, ainsi que de débitmètres permettant d’évaluer les volumes d’eau évacués. En parallèle, des expérimentations de simulation de pluie en laboratoire ont été conduites. Enfin des approches de modélisation des flux d’eau ont été menées à bien à l’aide du logiciel Hydrus-1D.
Les travaux menés ont permis de simuler correctement par des modèles numériques l’hydrodynamique de ces systèmes complexes. Au-delà, le suivi temporel qui a été mené a démontré l’évolution des propriétés physico-chimiques des substrats de toitures végétalisées pendant les années suivant leur mise en place. Cette évolution se traduit en particulier par une baisse significative de la capacité de rétention en eau. Ces recherches débouchent sur de nombreuses perspectives en termes de formulation optimisée des substrats et d’entretien des toitures végétalisées.

Bouzouidja, R., Séré, G., Claverie, R., Lacroix, D., 2013. Caractérisation du fonctionnement thermo-hydrique in situ d'une toiture végétalisée extensive. Houille Blanche (5), 62-69. DOI : 10.1051/lhb/2013044
Bouzouidja R., Rousseau G., Galzin V., Claverie R., Lacroix D., Séré G., 2016 Green roof ageing or Isolatic Technosol's pedogenesis?, Journal of Soils and Sediments, 10.1007/s11368-016-1513-3